
Voici le trente troisième portrait de cyclistes consacré à Luis après celui d’ Edith.
Peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Luis, je suis né à Córdoba, dans le sud de l’Espagne, en 1960. Mon père est venu travailler dans les années 56 en France, il ne venait nous voir qu’en été, jusqu’au jour où ma mère lui a lancé un ultimatum: soit tu nous amènes en France, soit tu restes avec nous en Espagne!! Donc en 1961 nous avons emménagé à Seyssel en Haute-Savoie. J’y suis resté jusque dans les années 90. Ensuite ma vie n’a pas été très simple, je me suis rapproché de mes parents dans l’Ain et au décès de ma mère je me suis installé à Narbonne. Et c’est là que j’ai redémarré le vélo.
Raconte-nous ton histoire de cycliste
Ma vie de cycliste avait démarré à Seyssel car nous n’avions pas d’autre moyen de transport. J’ai commencé à 8 ans sur le vélo de mon père. J’étais obligé de conduire de travers pour éviter la barre qui était trop haute pour moi et qui m’empêchait d’atteindre les pédales 🥺! Ensuite à 14 ans j’ai acquis un vélo Solex qu’un ancien vendait pour pas cher car il ne fonctionnait plus. J’ai donc enlevé le moteur pour en faire un vélo, lourd soit, mais mon premier vélo à moi. Avec ce vélo j’ai quand même franchi le Col du Chat (630 m.). Ensuite j’ai fait du VTT mais que de la descente 😅!
Puis il y a eu une bonne période sans vélo. J’ai acheté ma première moto, plus facile de grimper les côtes qu’avec le vélo!
Arrivé à Narbonne il y a 7 ans, j’ai pris un studio de plein pied pour manipuler facilement mon gyroroue, sauf qu’il s’est avéré être dangereux en ville. Après m’être retrouvé sur le pare-brise d’une voiture je me suis décidé à reprendre le vélo. Et du coup je possède un vélo par activité, soit 5 vélos! Tous stockés dans mon studio garage 😅!!
Je l’utilise tous les jours pour mes déplacements quotidiens et aussi pour mes balades. Je l’utilise de 3 à 7 heures par jour. Il m’est même arrivé de faire 15 heures d’affilée. J’étais parti à 14h d’Avignon, après avoir déjeuné, j’étais bien, je n’ai pas regardé l’heure et une fois que la nuit a commencé à tomber j’ai chercher un point de chute. Pas de camping, pas d’endroit sur lequel bivouaquer … à 1h du matin je vois 2 arbres: j’ai tiré mon hamac. Je m’y suis installé pour dormir et … je me suis fais attaquer pas des moustiques, il y en avait partout 😳!! Donc au bout d’une demie heure, je suis reparti et j’ai fini à Orange à 7h du matin ! Rouler de nuit ne me fait pas peur. J’ai une lumière qui éclaire jusqu’à 300m que j’installe soit sur le casque soit sur le guidon.
Parle nous de tes vélos
En 6 ans j’en ai eu 18 jusqu’à ce que je trouve celui qui me convienne vraiment. C’est un Gravel Decathlon, un vélo de voyage. Il a 90.000 km. Quand je pars faire une expédition , je roule en moyenne 80 km par jour. Puis j’ai un vélo de ville Yamaha électrique, un VTC Décathlon électrique, que j’utilise quand il y a du gros vent et que j’ai envie d’aller à la mer. J’ai un VTT et un VTC que je garde pour les visites de mon frère. Comment je fais mes choix? Tout dépend du terrain sur lequel je prévois de rouler. Et aussi, j’utilise mon Yamaha électrique pour la ville, car il est suffisamment puissant avec son Speedelec et cela m’évite d’être collé par les voitures au démarrage 😅!! Et puis cela me permet de rouler au milieu de la chaussée, car je vais à la même vitesse que les automobilistes voire plus, et de ne pas frôler les autos stationnées en épis. Car ça c’est vraiment dangereux pour les cyclistes…
Qu’est-ce que tu aimes à vélo dans Narbonne et la Narbonnaise?
Ce que j’aime à Narbonne c’est tout d’abord le climat, pas du tout le même que là d’où je viens 😅! Et il y a énormément de balades à faire autour de la ville, et sans trop de dénivelé pas comme en Haute-Savoie où tu as la Montagne, 3 km de plat le long du Rhône, puis encore la Montagne 😅!! D’ici tu pars en Espagne sans quasiment de dénivelé. Tu peux prendre le train à 1€ jusqu’à Avignon et tu reviens à vélo en 3 jours. Ou bien toujours le train à 1€ à 7h du matin pour Carcassonne. Une demie-heure après j’y suis. Je prends mon café à la gare puis direction canal du midi, canal de jonction et je rentre sur Narbonne :). L’astuce avec les trains à 1€ c’est de prendre le train à 6h voire 7h et de rentrer à vélo. Jamais le contraire, car sinon tu n’est pas sûr de pouvoir rentrer ton vélo dans le train!
Je choisi mes destinations aussi en fonction du vent. S’il y a une petite tramontane je prends le canal de jonction et du midi ou Béziers. Et s’il y a du marin je pars sur Leucate. Et pour cela, j’utilise une application météo marine où il y a tous les vents. Mais parfois ça ne marche pas, je choisi une destination avec le vent de face pour rentrer vent de dos, et à 2h de l’après-midi le vent tourne et j’ai le vent de face à l’aller et au retour 😅!!
Qu’est-ce que tu n’aimes pas à vélo à Narbonne et dans la Narbonnaise ?
Ce que je n’aime pas à Narbonne c’est surtout le comportement agressif de certains automobilistes anti vélo J’ai même été menacé de mort par le conducteur d’une voiture qui avait emprunté une piste cyclable et avec qui je me suis retrouvé de face! Ça m’est également arrivé de trouver sur cette même piste cyclable qui mène à Gruissan une moto et un quad!! Mais ce genre de comportement n’est pas spécifique à Narbonne …
Un dernier mot ?
Narbonne pourrait être le paradis du vélo s’il y avait plus de pistes cyclables.
Si toi aussi tu souhaites avoir ton portait sur notre site, tu peux envoyer un mail à carmen@velocite-narbonne.fr
