Portrait de cyclistes : Fabienne

Voici le trente quatrième portrait de cyclistes consacré à Fabienne après celui de Luis.

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Fabienne, j’ai 62 ans et j’habite à Narbonne depuis une quinzaine d’années.

Raconte-nous ton histoire de cycliste

Je suis née à Castres et à Castres nous avons eu un coureur, Jacques Esclassan et j’ai été connectée très jeune, une dizaine d’années, au Tour de France. Il courait sur un vélo Peugeot de l’équipe Bernard Thévenet qui a gagné le Tour de France en 1975 et 1977. Les castrais suivaient donc le Tour de France assidûment à cette époque-là d’autant que Jacques Esclassan concourait pour le maillot de sprinter.

Je ne pense pas que cela ait influencé ma façon de concevoir les modes de transport. En tout cas il a toujours été très clair pour moi qu’un petit trajet est à faire à pied, un trajet plus long est à faire à vélo et beaucoup plus long en voiture. Mes parents ne pratiquaient pas le vélo, mais ils n’étaient pas disponibles pour faire le taxi. Donc il a fallu que je trouve un mode de transport.

J’ai eu mon premier vélo avant 10 ans. Je m’en souviens encore, un petit vélo orange. J’ai dû en avoir d’autres car j’allais au Lycée le mercredi à bicyclette sur une piste cyclable. Eh oui, dans les années 70-80, cela existait déjà ! Et je me souviens que je croisais sur la piste mon professeur de mathématiques que je ne doublais surtout pas !! J’allais également voir ma grand-mère en empruntant une voie verte (ancienne voie ferrée reconvertie) qui rejoignait Albi, ce qui m’évitait de grimper la fameuse côte de Sicardens. Elle était ravie de voir arriver sa petite cycliste et moi aussi !

Une autre anecdote de ma jeunesse, celle du lien entre le vélo et l’émancipation féminine. J’ai une mère d’origine italienne, nous baignions dans la machocratie 😅! Un jour à mon adolescence elle m’a demandé de faire le lit de mon frère. Interloquée je lui réponds qu’il est bien capable de le faire. Ce à quoi elle rétorque que je serais bien contente de compter sur lui pour réparer mes crevaisons, et alors sans réfléchir je lui ai répondu que « non pas du tout, j’apprendrai à le faire moi-même » ! Donc ado je savais réparer une roue crevée : démontage, recherche du trou et remontage ! Ma mère ne m’a plus jamais demandé de faire le lit de mon frère !

J’ai rejoint Toulouse pour mes études et démarrer ma vie active. Et là je n’ai utilisé le vélo que pour les loisirs. J’ai eu mon premier VTT avant 30 ans. C’était un vélo Sunn avec un Shimano, système très avant gardiste à l’époque. Nous avons acheté ce type de vélo avec mon mari car nous connaissions le fabriquant à Saint Gaudens. J’avais également un vélo de route pour faire plaisir à mon mari, mais franchement je n’y tenais pas beaucoup. Puis j’ai eu 2 filles et dès leur 4 ans elles ont eu leur 2 roues !

Puis en 2010 me voici à Narbonne, et j’ai racheté un VTT musculaire Décathlon pour le loisir, pour aller à Gruissan et Sainte Lucie, en autre. J’ai récupéré le vélo de ma fille, un Nakamura et je m’en suis servi pour aller travailler au collège. Et puis il y a 3 ans j’ai investi dans un vélo électrique que j’ai acheté à Vélodor Bd Lacroix à Narbonne. Pourquoi un vélo à assistance électrique ? A cause du vent, pour promener mon petit-fils, et parce que j’ai comme projet de faire avec une amie la voie verte de Bédarieux jusqu’à Castres.

J’ai la chance d’avoir un garage fermé dans mon immeuble, ce qui me permet d’avoir un lieu sécurisé. C’est d’ailleurs difficile à Narbonne de trouver un appartement avec un garage fermé.

Bon pour en finir avec mon histoire de cycliste, le vélo fait partie de ma vie. Et en plus de son utilisation quotidienne, dès que je pars quelque part en famille, il est très fréquent que nous louions des vélos dans des lieux où les pistes cyclables sont bien présentes: les Landes, le Touquet, et les Pays-Bas.

Qu’est-ce que tu aimes à vélo dans Narbonne et la Narbonnaise?

Je peux aller au travail à vélo sans avoir le stress du stationnement. De plus cela permet un temps de réveil, de mise en forme, de mise en route pour affronter les élèves !! J’apprécie grandement tous les aménagements qui sont réalisés depuis peu pour faciliter la circulation à vélo. Notamment le rond-point des plages qui me permet un parcours parfaitement sécurisé depuis chez moi. C’est vraiment une très belle réalisation. Et puis nous avons la chance d’avoir le canal de la Robine et le canal du Midi qui permettent de jolies balades. Nous avons loué à Gruissan dans la boutique Trottup des vélos avec les petits en carrioles et nous sommes allés vers la Vieille Nouvelle, les Salins, jusqu’au village des pêcheurs, puis jusqu’aux Chalets. Il m’arrive également d’associer l’utile à l’agréable : d’aller déjeuner mais à vélo!! au Somail ou au « Chat qui pêche » très bon restaurant, direction Capestang !

Nous avons un site tellement merveilleux que c’est un réel bonheur que de le parcourir à vélo.

Qu’est-ce que tu n’aimes pas à vélo à Narbonne et dans la Narbonnaise ?

Il y a 2 freins à l’utilisation du vélo à Narbonne (mais pas que!): le risque d’accident et le vol. Le risque d’accident : je n’en étais pas vraiment consciente jusqu’à ce que je me fasse renverser par un véhicule. Il a 2 ans sur le rond-point de la Révolution un véhicule m’a coupé la route. Accident sans gravité heureusement, avec quelques hématomes. Mais cela a un peu changé mon comportement de conduite, j’ai compris qu’il fallait vraiment être très visible. Donc depuis j’ai un casque avec une loupiote qui clignote. J’ai trouvé tous les équipements fluos pour les bras et jambes dans une boutique spécialisée à Paris. Et je suis beaucoup moins confiante à l’égard des automobilistes. Notamment dans les zones à risques comme les ronds-points et les rues à double sens auto/vélo comme la rue Jean Jaurès.

Si l’on veut inciter les gens à circuler à vélo il faut vraiment faire plus de pistes cyclables séparées.

Le vol : j’ai surpris un jeune avec des pinces sur mon vélo que j’avais accroché quelques minutes en face de chez moi. Heureusement, je suis sortie à ce moment-là, mais il aurait pu partir avec …

Un dernier mot ?

Je ne conçois pas ma vie sans vélo et j’espère en pratiquer tant que je serais en forme. Cela contribue d’ailleurs à le rester !! Je projette dès que je serai plus disponible, dans un an, de faire un grand circuit comme le bord de Loire ou la Vélodyssée.

Si toi aussi tu souhaites avoir ton portait sur notre site, tu peux envoyer un mail à carmen@velocite-narbonne.fr

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